Quel sens donner à Noël

Réflexion sur le sentiment d’insatisfaction à Noël

Jean-Marc Quesnel

D’une année à l’autre j’entends des gens dire que Noël a perdu son sens profond, que ce n’est plus la fête chaleureuse en famille; que c’est rendu tellement commercial que même le sapin a disparu, remplacé par une coquille vide dont seulement des lumières donnent la forme. On dit aussi qu’il ne reste que le côté commercial où tout devient tapageur, énervant, vente sous pression et qu’il n’est question que d’achats, d’aubaines, de bonheur  à rabais.  On en  a que pour ‘Santa Clause’.  Il n’y a aucune implication personnelle, aucune appartenance, aucune sérénité, tout au plus y-a-t-il de l’indifférence ou un dégoût plus ou moins profond que mêmes les chansons de circonstance deviennent irritantes.

Par contre, d’autres disent que l’on fait de Noël ce  que l’on veut bien en faire, comme pour toutes les fêtes religieuses d’ailleurs.   J’en suis.  Le contexte de vie de chacun a probablement une grande influence sur chaque façon de penser et de vivre.  Si l’argent est serré ou carrément absent devient-il plus difficile ou même impossible de trouver un sens profond, spirituel à ce temps-ci de l’année et aux  obligations qui s’y rattachent?  Le fait d’être un assisté-social, natif ou immigrant, rempli-t-il le cœur de désespoir?  La joie vient-elle seulement avec le panier de Noël ? Non, je pense qu’il peut-y avoir de la joie même  dans la pauvreté.  Cela dépend de l’état d’esprit Cependant, quand on s’arrête pour y penser on  se souvient que le côté commerciale de Noël crée des emplois et une richesse sociale.  S’il n’y avait pas toute cette activité commerciale/industrielle il y aurait beaucoup plus de pauvreté et d’indigence.

Qui plus est, de par ses propres efforts, la population du Québec se veut plus laïque donc,  moins religieuse.  Cela semble fonctionner car pour nombre de personnes «l’histoire de la nativité de Jésus et de la crèche de Noël» a perdu le sens religieux profond qu’on lui accordait à l’époque de nos parents. On a beau dire que cela fait partie de notre patrimoine, de notre culture  mais la population multi-ethnique grandissante a changé la donne.  Pour les bouddhistes,  les musulmans, les juifs etc., Noël peut aussi être une occasion d’échanger des cadeaux qui font plaisir aux enfants et pour qui le Père Noël et le sapin décoré sont des symboles tout à fait adéquats. Cela aussi fait partie de la culture et du patrimoine québécois.  Certaines religions ont leurs propres célébrations à ce temps-ci de l’année qui elles aussi se veulent riches en symboles et en traditions tout en étant une occasion de joie, d’échanges et de pratiques charitables.  Je pense notamment à la religion Juive et son Festival des lumières, Hanoukka.  Nous pouvons donc assez facilement comprendre l’ambivalence de nos sentiments.

Biographie Rev. Jean-Marc Quesnel

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